Encore une tragédie dans le Parc National historique -Citadelle,sans-Souci,Ramiers (PNH-CSS-R)

Par Kesler Bien-Aimé

Professeur à l’Université d’État d’Haïti (UEH)

Un dessin de l’architecte Daniel Élie, invité en mars 2021 dans le cadre du cours Patrimoine et identité, Programme de maitrise en histoire, mémoire et patrimoine, Université d’État d’Haïti, UEH.

Quelle tragédie !  Ce samedi 11 avril   2026,   il est cruellement  révélé  que  la  gestion des  patrimoines d’Haïti  est  bloquée  en mode pilotage automatique.

De drame en drame,  concernant  la situation des patrimoines en Haïti, il est temps de sortir de la traditionnelle lamentation post-catastrophe pour considérer que la vie des visiteurs de nos sites culturels et patrimoniaux est égale à celle des dirigeants responsables de leur gestion. Comment sortir des pratiques patrimoniales qui considèrent que « pèp la mouri mò l vle». Par conséquent, il ne serait pas nécessaire d’équiper ces sites d’infrastructures de secours dignes de ce nom.

 À mon avis, une concertation entre les sachants du secteur et les membres des communautés qui veillent sur nos sites culturels et patrimoniaux s’impose. Au lieu de se renvoyer la balle, il faut surtout éclairer l’État et ses préposés pour (ré)orienter les actions publiques. En toute sérénité, je crois qu’il est nécessaire de discuter publiquement de ces questions d’intérêt national. Les images de la catastrophe en circulation indiquent, lamentablement, que le monument, inondé de gens, a souffert.

Quelle que soit la motivation – politique, économique ou touristique – « vous, complices de ces tragédies en série », veuillez  assumer les conséquences de vos inconséquences.

Dans un monde si  friand de drames,  ce genre d’accidents non aléatoires peut affecter l’image de ce bien culturel du patrimoine mondial  depuis  1982. En plus  des  pertes  en  vies humaines,  sa  Valeur  universelle  exceptionnelle (VUE) pourrait être mise en débat public.

Avec une succession ininterrompue d’événements tragiques et pénibles, assumez sans rechigner qu’après de longs débats au niveau du patrimoine mondial, ce bien pourra être dépatrimonialisé. Veuillez assumer aussi que vous êtes la génération qui aura facilité une telle action internationale contre l’image positive d’Haïti.

Certes, le processus de dégradation sera long, mais sur le plan scientifique et historique, un tel résultat me semble prévisible. « Please », en cercles fermés, en entre-soi, ne venez pas soutenir après coup que  ce  bien culturel,  le PNH-CSS-R,  est frappé de dépatrimonialisation parce  que  « le Blanc  serait  contre  la  Révolution  de  1804 »  ou qu’il serait jaloux de la performance de nos aïeux à Vertières.

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